[RADIO] Emission #2 – “Jouer à débattre” au Miroir des sciences


Retrouvez l’émission #2 en partenariat avec Aligre FM / Miroir des Sciences et un thème que nous avions déjà abordé sous forme d’article sur le site Sème Ta Science  :

“En médiation scientifique, facilitons le débat avec les jeux de rôles !” publié le 7 février 2018 par Quentin.

 

“Imaginez le monde de demain. Maintenant, projetez-vous dans ce monde, en 2030, 2050 ou plus encore. Ce monde a changé. De nouvelles technologies sont possibles, de nouvelles sciences émergent, de nouveaux enjeux éthiques se révèlent. Vous faites partie de ce nouveau monde, vous faites partie de celles et ceux qui peuvent agir pour le bien commun. Vous devez discuter, argumenter, contester, convaincre, vous disputer (oui oui ça arrive!), décider… Bref, convertir le débat en décision politique ! Vous êtes engagé·e·s dans le processus démocratique. Les jeux de rôles que propose l’association l’Arbre des connaissances vous emmènent dans l’exploration des possibles et des souhaitables pour la société de demain.

Embarquez dans le futur sur ALIGRE FM 93.1 avec nos deux invitées.

 

Rencontre avec Camille Volovitch, coordinatrice du dispositif “Jouer à débattre” développé par l’association l’Arbre des Connaissances, et Valérie Lallemand-Breitenbach, présidente de l’association l’Arbre des Connaissances.

F.Legrand, V. de Sousa, C. Volovitch, V. Lallemand Breitenbach et Q. Hoffer – Miroir des Sciences / Aligre FM – 22 nov. 2018 (c) M. Lefrançois

Vous pouvez réécouter l’émission complète ci-dessous :

 

Pour poursuivre la réflexion sciences/société, Quentin propose une chronique collapsollogique. 

 

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » disait le philosophe sarde Antonio Gramsci. Et si imaginer la fin de notre société nous permettait en réalité d’en raconter le renouveau ?

 

Réécouter la CHRONIQUE COLLAPSOLOGIQUE de Quentin ci-dessous :

” Dans cette chronique, je vous propose de répondre à une question “simple” : la fin de la civilisation industrielle peut-elle être un outil de médiation scientifique ? Dit comme ça c’est peu engageant. Mais pour Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gautier Chappelle, la réponse est oui.

Dans leur dernier ouvrage Une autre fin du monde est possible”, ces trois auteurs proposent des pistes pour apprendre à vivre avec l’effondrement de la société telle que nous la connaissons. Leur crédo, c’est la collapsologie dont nous avons parlé rapidement avec Usbek et Rica. C’est avant tout une approche systémique qui vise à regrouper et analyser des données produites par des scientifiques de domaines très différents. Cela va de la climatologie à l’économie en passant par la psychosociologie. Leur premier livre Comment tout peut s’effondrerparu en 2015 s’attachait à définir les contours de cet effondrement sociétal : rareté des ressources, chute d’un système économique basé sur la confiance, dérèglement climatique, et caetera, et caetera. Leur nouveau livre s’attaque quant à lui aux aspects sociaux et sociétaux du changement. Une notion centrale de leur propos est la nécessité de proposer de nouveaux récits pour embarquer les individus dans une Histoire partagée.

Indépendamment du postulat défendu par les auteurs, ce qui est particulièrement intéressant, c’est que cette proposition de nouveaux récits se base elle-même sur une mise en récit des données scientifiques. La collapsologie, c’est certes une approche analytique, mais c’est également un travail narratif autour de disciplines scientifiques qui ont parfois du mal à trouver leur place auprès du grand public. Il suffit de demander autour de vous qui a lu le dernier rapport du GIEC, le résultat risque d’être peu enthousiasmant.

Q. Hoffer en pleine chronique – (c) V. de Sousa

Cette notion de mise en récit, dont on entend beaucoup parler sous son appellation anglo saxonne “storytelling”, n’est pas nouvelle. Elle est utilisée depuis longtemps en communication politique, en marketing et en sciences humaines et sociales. Ce qui est plus récent, c’est qu’elle apparaît de plus en plus dans des ouvrages de culture scientifique notamment autour des sciences naturelles. Regardez l’impact médiatique des livres de Pablo Servigne, qui écume les rédactions et les émissions de radio. Si on compare à par exemple – et sans dénigrer son excellent travail – ceux de Philippe Bihouix (comme “l’âge des low techs”), celui-ci n’a pas bénéficié de la même exposition. Les deux ouvrages partagent pourtant un propos central assez proche. On en vient à se demander si un bon récit ne devient pas nécessaire pour assurer la diffusion massive de la connaissance scientifique, indépendamment de la qualité de la recherche effectuée.

Ceci ne va pas toujours de soi pour les scientifiques, notamment à cause d’une vision du récit parfois perçu comme uniquement “artistique” ou “fantaisiste” : en bref, de la science-fiction. Pourtant, la narration répond à un besoin humain de sens et d’identification. Confronté à une l’avalanche de données et d’indicateurs complexes, le grand public ne retrouve pas forcément ce sens.

On peut donc s’interroger : les scientifiques sont-ils voués raconter des histoires pour être écoutés ? Et les médiateurs scientifiques vont-ils devoir devenir des conteurs ?”

 

 

Il faut se raconter des histoires, plonger dans la fiction pour, parfois, en extraire des inspirations et changer les choses. C’est aussi ce que propose le concept Jouer à débattre et les jeux de rôle: s’appuyer sur de la fiction, un récit pour mieux partager les problématiques sciences et société actuelles.

(c) M. Lefrançois

 

Emission produite et animée par :  F. Legrand, V. de Sousa et Q. Hoffer

Réalisée par M. Dollfus